Love Is Not All: It Is Not Meat Nor Drink
Edna St. Vincent Millay (1892-1950)
Love is not all: it is not meat nor drink
Nor slumber nor a roof against the rain;
Nor yet a floating spar to men that sink
And rise and sink and rise and sink again;
Love can not fill the thickened lung with breath,
Nor clean the blood, nor set the fractured bone;
Yet many a man is making friends with death
Even as I speak, for lack of love alone.
It well may be that in a difficult hour,
Pinned down by pain and moaning for release,
Or nagged by want past resolution's power,
I might be driven to sell your love for peace,
Or trade the memory of this night for food.
It well may be. I do not think I would.
Cherche homme tendre
à caresser
Cherche homme caressant.
Cherche homme
pour l'amour.
Pas pour le mariage.
Pas pour la vie commune quotidienne.
Pas pour le bricolage.
Pas pour le fric
Pas pour le soutien moral-social.
Seulement pour
l'amour.
Tu es la saveur de mon pain
Maurice Carême (1899-1978)
Tu es la saveur de mon pain,
Le dimanche de ma semaine,
Tu es la ligne du destin
Que l'on peut lire dans ma main,
Tu es ma joie, tu es ma peine,
Tu es ma chanson, ma couleur
Et, dans la douceur de mes veines,
Le sang qui fait battre mon cur.
Enfant ! si j'étais roi, je donnerais l'empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !
Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !
Ihre Telefonnummer. Als ich sie schließlich verloren hatte, dachte
ich: das bist du los:
rumstehn in einer Telefonzelle im Winter, endlich hast du das wieder:
Zeit
und Winterzeit in rauhen Mengen
Ruhe in einer dunklen Bar mit einem Sherry und Iris entfernt sich auf
dem Regenbogen.
Na schön; in der Jackentasche find ich sie wieder
zwei Wochen später, und alles beginnt von vorn:
das Ja, das Nein, das Vielleicht
die gurrende Hölle.
Ich brauchte dich nicht. Du könntest kommen und gehn.
Du könntest bleiben, in meiner Wohnung, nachts.
Dein Körper ist denkbar ohne Verlangen und ich verdanke ihm, dich
nicht zu lieben.
Mein Glück, nicht zu lieben, wird vollkommen durch dich.
Dein Gehn, dein Kommen
wäre weder Ende noch Anfang von etwas.
Es wäre schmerzlos, ein Kommen und wäre ein Gehn.
Aber ich glaube fast: unser Glück wäre größer wenn
wir zweifeln könnten an dem, was ich sage.
How do I love thee?
Elizabeth Barrett Browning (1806-1861)
How do I love thee? Let me count the ways.
I love thee to the depth and breadth and height
My soul can reach, when feeling out of sight
For the ends of being and ideal grace.
I love thee to the level of every day's
Most quiet need, by sun and candle-light.
I love thee freely, as men strive for right.
I love thee purely, as they turn from praise.
I love thee with the passion put to use
In my old griefs, and with my childhood's faith.
I love thee with a love I seemed to lose
With my lost saints. I love thee with the breath,
Smiles, tears, of all my life; and, if God choose,
I shall but love thee better after death.
Et la mer et l'amour ont la mer pour partage
Et la mer est amère, et l'amour est amer.
L'on s'abîme en la mer aussi bien qu'en l'amour,
Car l'amour et la mer ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage.
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer
qu'il ne se laisse pas par l'amour emporter
Car tous deux ils seraient sans hasard de naufrage
La mer de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau.
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes...
Yes, yours, my love, is the right human face.
I in my mind had waited for this long,
Seeing the false and searching for the true,
Then found you as a traveller finds a place
Of welcome suddenly amid the wrong
Valleys and rocks and twisting roads. But you,
What shall I call you? A fountain in a waste,
A well of water in a country dry,
Or anything that's honest and good, an eye
That makes the whole world seem bright. Your open heart,
Simple with giving, gives the primal deed,
The first good world, the blossom, the blowing seed,
The hearth, the steadfast land, the wandering sea.
Not beautiful or rare in every part.
But like yourself, as they were meant to be.
Les enfants qui s'aiment
Jacques Prévert (1900-1977)
Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
A Code Poem For The French Resistance
Leo Marks (1920-2001)
The life that I have is all that I have
And the life that I have is yours.
The love that I have of the life that I have
Is yours and yours and yours.
A sleep I shall have
A rest I shall have,
Yet death will be but a pause,
For the peace of my years in the long green grass
Will be yours and yours and yours.
Le coeur tremblant, la joue en feu
Cecile Sauvage (1883-1927)
Le coeur tremblant, la joue en feu,
J'emporte dans mes cheveux
Tes lèvres encore tièdes.
Tes baisers restent suspendus
Sur mon front et mes bras nus
Comme des papillons humides.
Je garde aussi ton bras d'amant,
Autoritaire enlacement,
Comme une ceinture à ma taille.
Simone, il y a un grand mystère
Dans la forêt de tes cheveux.
Tu sens le foin, tu sens la pierre
Où des bêtes se sont posées ;
Tu sens le cuir, tu sens le blé,
Quand il vient d'être vanné ;
Tu sens le bois, tu sens le pain
Qu'on apporte le matin ;
Tu sens les fleurs qui ont poussé
Le long d'un mur abandonné ;
Tu sens la ronce, tu sens le lierre
Qui a été lavé par la pluie ;
Tu sens le jonc et la fougère
Qu'on fauche à la tombée de la nuit ;
Tu sens le houx, tu sens la mousse,
Tu sens l'herbe mourante et rousse
Qui s'égrène à l'ombre des haies ;
Tu sens l'ortie et le genêt,
Tu sens le trèfle, tu sens le lait ;
Tu sens le fenouil et l'anis ;
Tu sens les noix, tu sens les fruits
Qui sont bien mûrs et que l'on cueille ;
Tu sens le saule et le tilleul
Quand ils ont des fleurs plein les feuilles ;
Tu sens le miel, tu sens la vie
Qui se promène dans les prairies ;
Tu sens la terre et la rivière ;
Tu sens l'amour, tu sens le feu.
Simone, il y a un grand mystère
Dans la forêt de tes cheveux.
Je suis allé au marché aux oiseaux
Et j'ai acheté des oiseaux
Pour toi mon amour
Je suis allé au marché aux fleurs
Et j'ai acheté des fleurs
Pour toi mon amour
Je suis allé au marché à la ferraille
Et j'ai acheté des chaînes
De lourdes chaînes
Pour toi mon amour
Et je suis allé au marché aux esclaves
Et je t'ai cherché
Mais je ne t'ai pas trouvé
Mon amour
Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire
La petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassée
Où je t'ai embrassèe
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
A Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre.
Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras.